Au début, bien avant notre naissance, il n’y avait que le Rien et en son sein le Feu et la Glace se disputaient la place.
Ils ne cessaient de se poursuivre, de tourbillonner, de s’emmêler, danse magnifique dans le vide infini!

Ils se tordaient, s’enlaçaient, s’entrelaçaient et vibraient sous la tension de leurs torsions.
Lorsqu’ils ne furent plus que noeuds dans le vide, ivres, emmêlés, totalement dissous l’un dans l’autre, il leur fût impossible de se séparer.
Plus ils bougeaient, plus ils se contractaient, se compactaient, leurs masses à la fois foudre pure et  immobilité totale.

Alors, une onde les parcourut, une fusion qui après une explosion nous fit prendre notre premier souffle.
Nous commençâmes à être.
Seuls, sans aucune solitude nous traversions l’immensité parfaitement assemblés.











































Puis, à notre tour, nous avons engendré des fils, fils qui n’étaient pas comme nous.
Îles étaient incomplets, sans unité, sans leurs opposés, leurs moitiés qu’îles cherchèrent désespérément dans le néant.
Bientôt, îles ne supportèrent plus ce manque, leur colère montait à mesure que la nuit persistait et que notre union perdurait.




Alors cette rage se libéra et se retourna contre nous.

Comme des proies îles nous ont traqués, leur fureur était plus forte, leur solitude plus endurante, leur rancune plus tranchante. Nous nous sommes battus longtemps dans le noir, nous avons essayé de lutter sans le pouvoir.
Nous sommes morts et avec nous le silence n’a plus de sens. La bataille n’avait remué que le vide, invisible et rapide, mais elle changea tout. Avec elle, le bruit commença, les cycles furent créés, le début et la fin lancés.


































































































































































































Une fois leur tâche accomplie, îles admirèrent leur nouveau royaume, y prirent immédiatement goût, et en oublièrent instantanément le prix.

Mais l’instant file ne le sentez-vous pas? Vous qui vivez dans ce nouveau monde, qui marchez sur mon ombre, vous qui continuez à éparpiller l’éther, vous qui pourrissez ma chair.

Les nuages s’épaississent, tout est trop détaché, se déforme les formes, le feu gelé se dilue, reprend sa consistance, la glace prise de vitesse s’élève et fait bloc. Le minéral devient fluide, l’eau se pétrifie.




Se répand alors un murmure lent, sauvage, personne ne l’entendait, mais tous le sentaient. Une peur sourde se faufile dans les échines, glace les nuques.

Les pères de toutes choses toujours insatisfaits, trop occupés à se faire la guerre, ne perçoivent pas les frémissements de l’instant.
L’instant qui s’est figé, qui va tout détruire et laisser mourir.




































































































Mark
    


                  












Dans chaque bataille
Elles sont là
Agiles
Elles se glissent
Entre les échos

Les grondements
Les tintements
Entre ce que l’on crie
Les vociférations d’âme
Quand les vertèbres se dressent
Quand la révolte éclate

Elles observent
Pour choisir

Le guerrier qu’elles vont entrainer
Pour la toute Fin
Le Corbeau
Le Loup

Œil
Et Croc Nettoient

Elles récoltent
Grains par grains elles étoffent

Mais elles
Qui sont-elles
Celles qui tissent pour se souvenir
Pour choisir
Celles qui possèdent
Dans leur palais
La plus grande des armées


                          










Elle
Elle est la première celle qui veille
Celle qui choisit sent l’affinité de la peau
La possibilité du durcissement de l’échine
Face à l’érosion
Face à l’abrasion au fil des ans
Elle est celle qui repose et qui déchaîne
Celle qui induira ta respiration même




Car un jour tu as plongé
Un jour tu as compris
Compris que si tu fuis
On te chasse
Tu deviens proie
Alors acculée quel choix feras-tu
Un seul pas avant ou arrière
Et la différence est faite

Un seul
Avance

Avance
 
























                                                                 












                           



















Mark




















 






Je l’attends.
En pleine nuit, il vient.
Il vient d’une autre terre,
Ou l’horizon n’est pas mer
Mais herbe.
A perte de vue.

Je l’attends
Et j’essaie de passer le temps.
La voiture est garée.
Et soudain, il fait chaud.

La nuit est calme.
Nous glissons dans l’appartement.
Mais tout nos murmures liés semblent décuplés.
Le parquet grince.
L’escalier grince.
Et mon lit aussi.























































De petites routines s’éveillent.
L’odeur du café,
Des oeufs qu’il fait cuire.

Découvrir que la pastèque et le roquefort, C’est bon.
Découvrir de nouveaux endroits.
Se découvrir.
Il est bavard,
Il sait danser le chachacha,
Il est curieux.
Chaque seconde il me montre.
Et je me demande
De quoi est faite son imagination.















































                                                                 

Mark

Mark
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